Sainte Marie en Pévèle-Scarpe
Seigneur, avec toi nous irons au désert
Deux jeunes de la paroisse ont pris ce chant au pied de la lettre .. Belle façon de vivre le carême

Lison Lison  

Cette Méharée dans le désert du Sahara fut exceptionnelle, j’ai vécu des moments très forts
que je n’oublierai jamais.

Les premiers pas dans le désert sont les plus impressionnants car nous découvrons les
paysages. Je dormais à la belle étoile, lors de la première nuit (et toutes les autres aussi), j’ai
longuement contemplé les étoiles, je me sentais toute petite face à l’univers.

 

Un des moments qui m’a le plus marquée fut le dimanche après-midi (notre premier jour de
marche dans le désert). Nous avons marché en silence avec la première méditation de Saint
Charles de Foucauld qui parlait de s’émerveiller devant la création. Dans une lettre écrite à
sa cousine, en s’adressant à Dieu il dit : « Tout ce qui a charmé mes yeux en ce monde n’est
que le plus humble reflet de votre beauté infinie ». Dans cette lettre il parle aussi des êtres,
des sourires qui pour lui sont le reflet de la beauté de Dieu. Cela résonnait en moi pendant
les marches. Les dunes, à perte de vue, sont un spectacle impressionnant. Pendant la
marche, quelqu’un a dit que les dunes avaient un aspect maternel, qui nous berce et dans
lesquelles nous nous sentons protégés dans les creux.


Le lendemain matin, avec Marie nous nous sommes réveillées avec un troupeau de
chamelles sauvages qui se dirigeait vers notre camp et là j’ai tout de suite pensé à la
première méditation que nous avions eu la veille : ces créatures sont des merveilles de Dieu.

L’adoration est quelque chose que j’aime beaucoup, qui me permet de me concentrer,
d’être face Dieu. Le désert, le coucher du soleil, donnait une autre dimension à l’adoration,
je me sentais encore plus transportée. Chaque jour, un petit groupe de personnes devait
préparer la liturgie. J’ai apprécié préparer la chapelle avec Valérie et Véronique. Nous
devions utiliser les éléments naturels. Nous avons fait une croix en pierres et ajouté des
fleurs pour l’autel.

 

Un mot qui est revenu à plusieurs reprises était la simplicité, non pas la simplicité du
paysage, mais le fait de ne pas avoir de chambre, de douche, de téléphone, ni de choses
superficielles. Cela nous permettait d’être en paix.


Durant cette Méharée, nous étions accompagnés par des bédouins. Leur gentillesse m’a
profondément marquée, nous ne les connaissions pas mais leur avons fait tout de suite
confiance. Nous avons passé de grands moments de partage et amitié avec eux, surtout
autour du feu, nous alternions chants arabes et chants français.
J’ai encore à l’esprit cette image de la première marche. Nous suivions Mehmet qui avançait
seul avec sa canne dans le désert, sans boussole. Cette image aurait pu inspirer un artiste.

Avec notre groupe nous avons partagé des moments très forts, la bienveillance était le mot
clé. Pour les veillées, chacun avait amené un petit texte qui lui tenait à cœur et qui nous
permettait de créer une complicité.

 

Arbre Arbre  J’ai pris une photo qui m’a beaucoup touchée et que j’ai
appelée « l’arbre de Patrick » : un midi, lors d’une pause, nous nous sommes retrouvés face
à un très bel arbre, Patrick s’est mis à le décrire et à dire qu’il lui faisait penser à la
Résurrection.

 

Au retour de cette Méharée, je me suis rendu compte que j’avais réussi à vider mon esprit,
mon cœur pour laisser toute la place à Dieu.
Pas de téléphone, pas d’heure, pas de stress, pas actualité, j’étais coupée de mes amis, de
ma famille, et tout de suite mon esprit a tout mis de côté. Les seules personnes auxquelles je
pensais étaient mes parents et mon frère. Ça me permettait, en plus de me rapprocher de
Dieu, de penser aux choses et aux personnes essentielles dans ma vie, dans lesquelles la
beauté de Dieu se reflétait pour moi. Ça m’a vraiment permis de laisser toute la place à Dieu,
car dans notre quotidien parfois ce n’est pas évident, et on se rend compte qu’on peut vivre
simplement, vivre l’instant présent, même si à la fin j’appréhendais le retour.

Lison

Article publié par emmanuel canart • Publié le Mardi 10 mars 2026 • 144 visites

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