Temps liturgique
Les gestes de la messe

Il n’est pas rare d’entendre certaines personnes dire que la messe, « c’est toujours pareil » Elles n’ont pas tort. Mais, cela ne doit pas être perçu comme un reproche.  Des jeunes disent, « on s’y ennuie ». Lors de la rencontre des familles en deuil pour préparer la célébration, il nous est dit le plus souvent en parlant de la personne défunte : « Elle croyait mais ne pratiquait pas », la pratique étant à interpréter comme n’assistant pas à la messe. Propos valable pour nos interlocuteurs.

L’enjeu de la messe est notre croissance spirituelle : nous devons apprendre et réapprendre à devenir réellement chrétiens. Par les rites de la messe, nous sommes peu à peu façonnés de manière à devenir toujours plus semblables au Christ lui-même.

 

Dans l’un de ses ouvrages intitulé « La messe », le cardinal-Jean Marie Lustigier rappelait : « Nous n’allons pas à la messe pour satisfaire notre sensibilité religieuse, ni parce que nous en avons envie ou besoin tel jour, à telle heure. Nous participons à la messe parce que le Seigneur Jésus nous convoque, l’Esprit-Saint nous rassemble et Dieu nous a donnés pour disciples à son Fils. »

Aujourd’hui, aller à la messe ne relève plus, en effet, d’un simple comportement social mais d’un engagement. La messe est un lieu de cathéchisation, de transmission. Offrir une heure de son temps à Dieu permet de ressourcer notre foi dans l’écoute de la Parole, dans la nourriture du Corps du Christ. C’est un générateur de paix, de joie, de réconciliation avec notre prochain (geste de paix).

L’objet de notre propos est d’apporter au lecteur une compréhension de la messe dans ses étapes successives et peut-être lui donner le goût d’y participer.

 

Les rites initiaux :

La procession d’entrée :

En se rendant à la messe, le peuple vient en pèlerinage à la rencontre de Dieu. Parfois même il entre dans l’église en procession, comme le dimanche des Rameaux ou à la vigile pascale. Le plus souvent, le peuple est rassemblé et seuls les ministres (prêtres accompagnés parfois de diacres) entrent en procession. C’est alors le Christ en personne en la personne du célébrant, qui passe au milieu de son peuple. Cette procession est accompagnée du chant d’entrée dont le but est aussi « d’ouvrir la célébration, de favoriser l’union des fidèles rassemblés et d’introduire leur esprit dans le mystère du temps liturgique ou de la fête ».

 

*La vénération et le baiser de l’autel : Elle s’adresse au Christ dont l’autel est le symbole. Après l’inclination, le ou les célébrants honorent l’autel par un baiser.

Ce baiser a plusieurs significations : La communion à la personne du Christ – L’adhésion au Christ. C’est pourquoi le prêtre pose, en plus du baiser, la main sur l’autel en signe de sa disponibilité à exercer son ministère reçu du Christ- L’adoration.

 

Les rites d’ouverture :

C’est de son siège que le prêtre ouvre la célébration par le signe de la croix et le premier salut liturgique. Le signe de la croix signifie que l’eucharistie est rendue possible par la croix du Christ et qu’elle nous unit à lui et à son offrande par l’action de Dieu Trinité. Le salut liturgique « Le Seigneur soit avec vous » est prononcé par le prêtre. Cette expression était dans la tradition juive une formule de salut quotidienne. L’extension des bras suggère une accolade.

 

La liturgie de la Parole :1218686 1218686  

La procession du livre des évangiles : Elle accompagne parfois la procession d’ouverture. Elle exprime que la Parole vient, traverse et oriente l’assemblée vers un Dieu qui entre en conversation avec son peuple.  

 

L’encensement du livre des évangiles : Il exprime la révérence et la prière. Avant et après l’encensement, on fera une profonde inclination devant les personnes ou les choses que l’on encense, excepté l’autel et les oblats lors du Sacrifice de la Messe.

 

Le baisement du livre des évangiles a plusieurs significations semblables au baisement de l’autel. 

 

La liturgie Eucharistique :

 

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La présentation des dons, le pain et le vin :

C’est le moment où les fidèles apportent le pain et le vin à l’autel. Ce geste est une expression concrète de leur désir de s’unir à la vie d’offrande du Christ et à son sacrifice d’amour sur la croix pour le salut du monde. Ce geste est accompli le plus souvent par les servants d’autel.

Avec les oblats du pain et du vin (Le mot oblat vient du latin oblatus, qui signifie « offert »), les fidèles apportent également leur offrande pour les pauvres et pour la vie de l’Eglise (la Quête). 

Le pain est le signe du don gratuit de Dieu. Il rappelle le don de la manne au désert. Le vin est signe de joie, mais par sa couleur rouge, il évoque le sang du Christ versé sur la croix.   

 

Le lavement des mains : Le prêtre se lave les mains pour accompagner la préparation des dons et se préparer en son cœur à entrer dans le mystère de l’eucharistie. Comme dans de nombreuse religions, ce geste exprime la demande de purification intérieure.

 

La grande prière eucharistique :

Lors du récit de l’institution, plusieurs gestes signifient la présence vivante du Christ et du désir de l’adorer.

La génuflexion du prêtre devant l’hostie consacrée puis devant le vin consacré. Fléchir le genou est un acte d’adoration, exprimant l’hommage de tout le corps. Contrairement à l’agenouillement qui est une position stable, la génuflexion est un geste ponctuel. Le prêtre la fait, à la messe, après chacune des consécrations et avant la communion.

 

 L’élévation de l’hostie et du calice est le geste par lequel le prêtre « élève » l’hostie, puis le calice, ap20250914_Messe de rentree-Flines_DXO_YD_6336 20250914_Messe de rentree-Flines_DXO_YD_6336  rès leur consécration respective : il s’agit de montrer les saintes espèces aux fidèles. On appelle « petite élévation »  le mouvement (Par lui, avec lui et en lui…). A ce moment le prêtre élève en même temps que la patène sur laquelle est posée la grande hostie et le calice contenant le vin, en geste d’offrande sacrificielle, au moment où il chante la conclusion de la Prière Eucharistique. On comprend que liturgiquement, la « petite élévation » soit plus importante que la « grande ».   

 

 

Les rites de la communion

Le rite de la paix : Sa place originelle se situait avant l’apport du pain et du vin en réponse à la demande du Christ dans l’Évangile : « Lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère et ensuite viens présenter ton offrande « (Mt 5, 23-24). Mais dès le Ve siècle, dans la liturgie romaine, le geste de paix vient se placer avant la communion. Vécu à ce moment, il souligne que seule la paix du Christ peut nous établir dans une véritable communion fraternelle, la communion entre fidèles étant indissociable de la communion au corps eucharistique du Christ. Le Missel romain précise « qu’il convient que chacun souhaite la paix de manière sobre et uniquement à ceux qui l’entourent ».

 

La fraction du pain eucharistique s’origine dans le geste que fit le Christ lui-même à la Cène : « Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit venez, mangez ceci est mon corps ». La fraction du pain est en rapport avec l’image biblique de l’agneau de Dieu : dans le livre de l’Exode, c’est grâce au sang de l’agneau que les hébreux sont épargnés.

Après avoir rompu le pain, le prêtre fait tomber une parcelle de l’hostie dans le vin consacré, c’es le geste de la commixtio. De la Syrie nous en est parvenue l’explication, toujours actuelle : la consécration séparée du pain et du vin représente la mort du Christ, tandis que la commixtio représente la résurrection du Seigneur qui est la victoire sur la séparation mortelle de la chair et du sang.

 

Roger Roussel

Article publié par Paroisse Ste Marie en Pévèle Scarpe • Publié le Mardi 08 septembre 2026 • 11 visites

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