cent ans, le 11 novembre 2018...

Le passé nous tourne vers un avenir chargé d’espérance.

 

1914-1918 : Quatre années de guerre.  2014-2018 :Cent ans après, on se souvient encore. Dimanche 11 novembre 2018 : Commémoration de l’armistice ayant mis fin à la 1ère guerre mondiale clôturant ces quatre années intenses du souvenir avec le souci de le perpétuer.

En ce jour, à Orchies, l’église Notre Dame de l’Assomption accueillait les personnalités et portes- drapeaux ainsi qu’une poignée de paroissiens pour un temps de prière en faveur de la paix. Cette célébration  était présidée par Felice Rossi, diacre.

Trois temps forts dans cette célébration :

- La délivrance au public de la lettre du soldat Gaston Biron à sa mère. Il  mourut en septembre 1916, quelques jours après avoir été blessé :

Ma chère mère,   

Par quel miracle suis-je sorti de cet enfer, je me demande encore bien des fois s’il est vrai que je suis encore vivant ; pense donc, nous sommes montés mille deux cents et nous sommes redescendus trois cents ; pourquoi suis-je de ces trois cents qui ont eu la chance de s’en tirer je n’en sais rien, pourtant j’aurais dû être tué cent fois, et à chaque minute, pendant ces huit longs jours, j’ai cru ma dernière heure arrivée. Nous étions tous montés là-haut après avoir fait le sacrifice de notre vie, car nous ne pensions pas qu’il fût possible de se tirer d’une pareille fournaise. Oui, ma chère mère, nous avons beaucoup souffert et personne ne pourra jamais savoir par quelles transes et quelles souffrances horribles nous avons passé.

A la souffrance morale de croire à chaque instant la mort nous surprendre viennent s’ajouter les souffrances physiques de longues nuits sans dormir : huit jours sans boire et presque sans manger, huit jours à vivre au milieu d’un charnier humain, couchant au milieu des cadavres, marchant sur nos camarades tombés la veille ; ah ! J’ai bien pensé à vous tous durant ces heures terribles, et ce fut ma plus grande souffrance que l’idée de ne jamais vous revoir.

Nous avons tous bien vieilli, ma chère mère, et pour beaucoup, les cheveux grisonnants seront la marque éternelle des souffrances endurées ; et je suis de ceux-là. Plus de rires, plus de gaieté au bataillon, nous portons dans notre cœur le deuil de tous nos camarades tombés à Verdun du 5 au 12 mars. Est-ce un bonheur pour moi d’en être réchappé ? Je l’ignore mais si je dois tomber plus tard, il eût été préférable que je reste là-bas.

Tu as raison de prier pour moi, nous avons tous besoin que quelqu’un prie pour nous, et moi-même bien souvent quand les obus tombaient autour de moi, je murmurais les prières que j’ai apprises quand j’étais tout petit, et tu peux croire que jamais prières ne furent dites avec plus de ferveur. (…) Ton fils qui te chérit et t’embrasse un million de fois.    Gaston

 

- La Prière universelle :

Seigneur,  nous te rendons grâce pour le temps de paix, certes fragile, que vivent entre eux les peuples d’Europe. Et nous te prions pour tous les peuples qui, sur d’autres continents, connaissent la guerre et les conflits, souvent dans l’indifférence du monde.

Seigneur, nous nous souvenons des Poilus de la grande guerre. Nous te rendons grâce pour les hommes et les femmes de notre pays qui, au service  de la paix, risquent aujourd’hui leur vie pour nos concitoyens. Et nous te prions pour ceux et celles qui ont été blessés ou tués dans des attentats ou sur des théâtres d’opérations extérieurs.

Seigneur nous te rendons grâce pour tous ceux qui, au nom de leur foi  sont soucieux de la dignité de l’homme. Ils  sont artisans de paix dans leur famille, leur travail, leur commune, au sein d’associations. Et nous te prions pour ceux qui sont victimes d’injustice, de mépris, de misère, de violence. Tout  particulièrement pour les réfugiés, les exilés. 

Seigneur nous te rendons grâce pour ceux qui acceptent des responsabilités politiques, économiques, sociales et syndicales. Et nous te prions pour qu’ils aient toujours le souci du bien commun en vue de construire une société fondée sur la vérité, la justice, la charité.

Seigneur nous te rendons grâce pour les communautés chrétiennes qui se réunissent à travers le monde en ce dimanche. Elles sont à l‘écoute de ta Parole et  partagent Ton Corps.

Et nous te prions pour qu’elles accueillent Ta paix et en soient les témoins dans tous les pays où elles vivent.

 

- Le recueillement devant la plaque commémorative sur laquelle sont inscrits les noms des 152 soldats orchésiens morts au combat, des 8 victimes civiles, des 5 victimes de l’incendie de la ville, et des 3 otages passés par les armes. Des noms à jamais gravés pour la mémoire. L’importance de leur nombre mérite que leur sacrifice ne tombe pas dans l’oubli.

                                                                           Roger Roussel

Article publié par Benjamin Sellier • Publié Dimanche 09 décembre 2018 • 166 visites

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